La vague de google revolutionne le collaboratif

Cela fait quelques semaines que Google a annoncé son nouvel outil communiquant baptisé « Google Wave ». A peine dévoilé, ce produit a visiblement séduit et impressionné. Depuis, plusieurs analyses positionnent cet outil comme potentiellement révolutionnaire dans le monde du logiciel collaboratif et du web 2.0.

J’ai découvert récemment (certainement avec un peu de retard) la présentation de produit et je ne peux que confirmer qu’il s’agit bel et bien d’un système qui sort de l’ordinaire sur différents niveaux : conceptuel, fonctionnel et technique.

Sur le plan conceptuel et en quelques mots c’est un système qui réalise brillamment la convergence entre le wiki et le courrier électronique, la messagerie instantanée et le forum de discussion, le travail collaboratif en mode synchrone (temps réel) et le travail collaboratif en mode asynchrone (en différé)… Tous cela grâce à un nouveau concept ou « artefact » de collaboration : le « wave »!!

Le processus de collaboration commence par la création d’un wave, suivi par l’invitation d’autres personnes à y contribuer (comme : un email et ses destinataires). La grande différence, ici, est que le wave est multi-formats, il peut être à la fois un email, une discussion, un document rédigé à plusieurs mains ou aussi un contenu riche composé de textes, commentaires, photos, vidéos et mashups divers… Il peut passer d’une forme à une autre en fonction du contexte et du besoin des participants.

D’après ses concepteurs – les frères Ramussen – l’idée du projet consiste à trouver une réponse à la question “A quoi ressemblerait le courrier électronique (email) s’il était inventé aujourd’hui?”.  Ce qui est à mon avis une très bonne question, car l’émail est encore et toujours le principal outil de travail et de communication. Ses usages sont désormais ancrés dans les habitudes des utilisateurs. Même les concepts du web 2.0 en entreprise, rencontrent aujourd’hui une vraie résistance dès qu’il s’agit de tenter de remplacer certains usages (de l’email) par des blogs ou des wikis, bien que des progrès notables en termes d’adoption du 2.0 soient observés ces dernières années…

L’email reste donc le champion des outils !  Seulement, les temps ont changé et les technologies ont nettement évolué et donc une révolution de ce dernier est plus que nécessaire. Les dernières tendances et multiples améliorations de cet outil (interfaces riches, intégration du tchat, …) s’avèrent toujours insuffisantes. Cela s’explique tout naturellement par le fait que ces évolutions ne s’adressent pas à une vision dépassée du travail  en tant que processus parcellaire,  pouvant être supporté par plusieurs outils. En réalité, le travail est une continuité de micro tâches et  de plus en plus avec la multiplication des outils, le travailleur s’efforce à tenir le fil conducteur entre ses discussions, ses notes, ses documents, ses emails, ses vidéos, ses flux, etc…

Ce constat n’est pas tout à fait nouveau, dans la mesure où d’autres travaux de recherche ont été menés pour tenter de résoudre la problématique de multiplicité des outils et de la continuité du travail. Les ingénieurs d’IBM  Watson Research Center s’intéressent au sujet et proposent déjà un prototype nommé « Activity Explorer » permettant de retracer à un utilisateur le fil des activités entre différents types d’objets comme des documents, des discussions ou des images en provenance de différents outils (comprendre différents outils de la gamme Lotus),

NB.  Plus de détails et de veille sur ce sujet sont disponible dans ma thèse publiée en 2008.

Cependant, « Wave » apporte une nouveauté indiscutable : une seule interface et un seul objet, pour supporter tout type de communication web, en temps réel ou en différé.

Par exemple, si j’ai envie de publier un document « wave » sur mon blog ou sur mon réseau social, ceci est tout à fait possible tout en restant dans la même logique d’unicité d’interface et de convergence des outils ! Je peux par exemple ajouter mon blog comme « participant » à un wave. Ainsi le document « wave » est automatiquement posté sur mon blog (blogger), de même tous les commentaires reçus sur ce dernier depuis mon blog sont automatiquement intégrés dans le « Wave » et consultable de mon client de Wave. Le même fonctionnement est possible sur un réseau social (comme orkut, ou facebook).

Google_Wave_snapshots_inbox

Au niveau fonctionnel, et comme le montre l’image ci dessus, la structure globale de l’interface (en 3 colonnes) rappelle celle du courrier électronique (et Gmail), assez simple, avec :

  • une colonne pour les outils de navigation, de recherche ainsi que les contacts et leurs statuts
  • une colonne pour les waves (messages – documents -discussions – mashups, etc.)
  • une colonne de lecture/exploration d’un wave

Plusieurs fonctionnalités (qui facilitent l’usage) sont possibles lors de la progression d’un wave. Par exemple : le drag & drop de photos ou d’objets, les commentaires qu’on peut insérer n’importe où dans le wave, l’ajout d’une nouvelle personne dans une discussion en cours, la gestion fine et transparente des droits durant une discussion, voir en temps réel la contribution de plusieurs participants… Sans oublier le plus fort (à mon goût) qu’est la fonction palyback permettant de retracer en quelques clicks la progression du wave dans le temps, en prenant en compte tous les évènements (ajout de contenus, ajout de participants, modifications, etc.). C’est une fonction comparable à l’historique d’une page wiki, mais nettement améliorée au niveau de l’interface et de l’usage.

Sur le niveau technique, pas mal de choses à dire :

Tout d’abord, Google Wave serait open source. Google le qualifie d’incroyable produit et veut garder l’avance qu’elle a marqué. Google a affiché son ouverture et son besoin aux développeurs Open source et de leur créativité pour enrichir sans barrières ce produit afin de l’adapter à tous les besoins.

Google propose une API permettant d’encapsuler des waves dans d’autre containers comme les blogs, les sites web, les wikis ou les réseaux sociaux. Ceci permet d’agréger très facilement des discussions sur un sujet donné, ayant lieu sur différents sites ou services web, dans un même  lieu. Grâce à cette API et à cheval entre le fonctionnel et le technique, Google annonce déjà une belle bibliothèque d’extensions montrant l’utilité de ce produit dans divers contextes de collaboration : exemples

  • un widget de sondage en ligne dans un wave
  • intégration avec le defect tracker de Google (buggy)
  • un impressionnant traducteur en ligne permettant de mener une discussion (tchat) avec une personne ne parlant la même langue que moi (FR – EN, par exemple)
  • un correcteur d’orthographe

Google veut bien que les waves fonctionnent de façon standard et compréhensible par tous les (futurs) clients de wave et pas seulement celui de Google (We want wave to work the same wave). Il instaure ainsi le wave comme un nouveau protocole de communication.

Voilà pour ce qui est du résumé de ce produit décrit comme étant : à la fois un produit et un protocole (3P) par Google.

J’essayerai d’explorer dans un prochain billet, l’impact potentiel de wave sur les usages en entreprise (on peut lire déjà une première évaluation par Dion HinchCliffe dans son blog).

01
sept 2009
AUTEUR
POSTÉ DANS Technologies
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